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 easy come, easy go. (rhea)

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Carron Ballantyne
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name : oaristys.
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Message(#) Sujet: easy come, easy go. (rhea) Lun 16 Jan - 16:55

you let your feet run wild, time has come as we all oh, go down, yeah but for the fall oh, my, do you dare to look him right in the eyes ; cause they will run you down, down til the dark.

Suicidaires, le mot est juste et pourtant relativement faible comparé à la situation. Impossible de dire si c’est Ron qui a embarqué Rhea là-dedans ou l’inverse – c’est comme ça depuis toujours. L’un accusera l’autre, ou au contraire, chacun voudra s’attribuer les mérites de l’initiation selon que la mission tourne bien ou mal. Deux égos pleins d’orgueil et de fierté, sans arrêt bafouée, provoquée, mise à l’épreuve afin de pouvoir grandir toujours plus. Toujours dans des situations borroméennes, dont ils arrivent à se libérer par la parole, tout ce que leur fierté peut leur dicter pour les inviter à s’échapper. Carron et Rhea se ressemblent comme deux reflets aux sexes opposés dans un grand lac d’Ecosse. Ils sont passés à ça de devenir ennemis des centaines de fois. Pourquoi l’amitié l’a-t-elle toujours emporté ? Parce qu’ils ne se connaissent pas, ils se savent. Ce sentiment leur permet de se savoir sans avoir à le dire, encore moins à le justifier ; ils se pardonnent sans le demander. Toujours est-il qu’ils sont tous deux sur le même cheval, le poids de Rhea étant négligeable pour le mastodonte qu’ils montent, leur sac à dos contenant une tente, deux sacs de couchage et les premiers nécessaires pour une nuit à la belle étoile. Le genre de truc qu’on fait en été, ou au milieu du printemps, mais jamais en hiver. Autre détail : camper est toujours agréable face à un lac, ou aux abords d’une forêt, mais pas spécialement devant le lieu le plus sacré, mystérieux et angoissant du coin, autrement nommé Craigh na Dun. Qui sait ce que ces pierres ont vu, au centre de leur cercle muet, comme rituel mortuaire ? C’est comme ça. Ils n’auraient pas pris tant de plaisir s’il n’y avait pas eu dans la mission un minimum de risque. Ils sont partis en fin d’après-midi, et atteignent à présent leur but tandis que l’air froid des hauteurs secoue leurs vêtements, s’infiltre par toutes les ouvertures laissées par le tissu. Il n’y a qu’auprès de peu de personnes que Carron retrouve la sensation, brève et fulgurante, de la joie de se sentir vivant. Rhea tout particulièrement, car il sait qu’elle a emmené avec elle, profondément scellées, ses propres blessures, ses rêves échoués, ses déceptions et ses espoirs vains. Il peut les sentir s’épanouir et brûler, renaitre de leurs cendres à l’intérieur d’elle, tout contre lui, rejoindre les siennes et peut-être leur parler dans une langue inconnue. Le cheval grimpe pour un dernier effort, avant de se stopper quand Ron le lui demande. Il descend en premier, puis libère Rhea du sac à dos pour la laisser poser à son tour pied à terre. Admiratif, Ron contemple la vue, cette étendue monumentale de liberté qui leur fait face et leur rend un regard impassible, se foutant absolument de leurs deux existences. Le cheval aussi, cela dit, puisqu’il est déjà parti dans un coin à la recherche d’herbe fraiche, peu soucieux du territoire sacré où il mettra les sabots. Dans une grande inspiration, Carron s'emplit d'une bouffée d’oxygène qui lui brûle la gorge et glace les poumons. — On est trop bien ici, constate-t-il à voix haute tout en entreprenant de monter la tente. Une fois l’intérieur prêt, ils pourront sortir les couvertures, les rondelles de bois et préparer le grand feu sur lequel griller le repas. — Me dis pas qu’on a laissé les bières à la maison ? Sa main a beau fouiller dans l’ensemble du sac à dos, il ne parvient pas à mettre les doigts sur les six bières qu’il était pourtant certain d’avoir prises…

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Rhea O'Hara
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Message(#) Sujet: Re: easy come, easy go. (rhea) Mar 24 Jan - 17:06

L'espoir s'était tapi au creux de ses entrailles. Il s'était doucement installé, avait fait son nid, comblé chaque recoin encore disponible, et avait embarqué Rhea dans un sentiment de bien-être généralisé. Mais l'espoir, en plus d'être farceur, était à double tranchant et comme à chaque fois, la jeune femme y avait laissé des plumes. Viggo venait, Viggo allait, et emportait avec lui toutes les illusions de la brune. Etait-ce mal, que de croire en l'espoir ? Etait-ce mal, que d'imaginer qu'il ne se ficherait pas d'elle une fois de plus ? Ce sacré farceur avait pourtant laissé une marque de plus, et elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Elle savait, au fond d'elle, la dure réalité de sa situation, mais avait été happé une nouvelle fois. Aussi Rhea s'était-elle faite bougonne, prédisposée à se jeter sur l'amitié qu'elle partageait avec Carron au grès d'une ballade dans les highlands. Voilà bien longtemps qu'elle n'espérait plus rien de Carron, et c'était si salvateur de pouvoir se tenir à ses côtés, accompagnée uniquement de ce sentiment de légèreté. Il n'était pas qu'un ami, il était bien plus : son double au masculin, son reflet dans le miroir, sa propre image renvoyée avec délectation. Une échappatoire dans un quotidien embrumé. Une sortie de plus et la voilà agrippée à Ron, sur cette monture qu'elle connait si bien. Ses cheveux baignaient au vent et martelaient doucement sa joue alors qu'elle observait le paysage de son regard pénétrant. Elle n'avait jamais su s'habituer à la beauté des Highlands, à cet envoûtement qu'elle subissait à chaque instant. Stoppée dans son élan, la brune descendit de sa monture et jeta un dernier coup d'oeil derrière elle, comme si elle avait laissée une autre vie aux portes de cette colline, comme si elle choisissait délibérément de s'épanouir dans un paysage féérique. « C'est surtout ma présence, qui te fait cet effet. » concède-t-elle finalement, dans un haussement imprécis d'épaules alors qu'elle observait déjà Carron montait la tente. Loin d'elle l'idée de s'investir dans une mission aussi farfelue, alors Rhea finit par s'installer sur un coin d'herbe. L'observation était sa meilleure amie, surtout dans ces moments là. « Tu plaisantes ? » reprit-elle en s'appuyant sur ses genoux, alors qu'elle gambadait déjà à quatre pattes en direction du sac à dos. Sa confiance en Carron était certaine, mais la brune se sentit obligée de vérifier par sa propre personne. Peu délicate, elle renversa le sac entier au creux de l'herbe et fronça durement les sourcils devant ce constat effarant. « Il n'y a rien.. mais.. » annonça-t-elle, alors qu'elle ouvrit à la va vite deux poches situées de chaque côté du dit sac à dos. « J'ai toujours fourré deux flasques de whisky par là. » Victorieuse, voilà le sentiment qui émanait d'elle à cet instant - bien qu'une bonne bière aurait eu un meilleur effet sur elle. Mais l'important n'était pas là, il était dans ce moment de flottement, si lointain de son quotidien ankylosé. « Je vais faire le feu, je meurs déjà de faim.. »

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Message(#) Sujet: Re: easy come, easy go. (rhea) Jeu 9 Fév - 18:59

Si c’est l’espoir qui caractérise Rhea, vain ou justifié, on peut dire qu’il est paradoxal qu’elle daigne encore fréquenter Carron, qui lui en offre peu si ce n’est aucun. Elle sait déjà tout de lui, et il a déjà lu en elle. Ils sont au-delà de l’espérance : pour jouer sur le terme, il est clair qu’ils ne s’attendent plus puisqu’ils se sont déjà trouvés. Sortir avec Rhea aurait symbolisé sortir avec lui-même – il pouvait concevoir que ce soit le fantasme de certains, mais ce n’était pas le sien. Ils ont le même regard. Les mêmes yeux, fuyants, agressifs, hautains, rieurs, séduits. Ils veulent tous les deux ce qui a tendance à leur échapper, les faire rager mais les faire tenir sur la durée. Ils se lassent, leurs caractères de roi et de reine, et se retrouvent l’un l’autre pour se distraire, ne serait-ce qu’en s’observant réciproquement. Les autres ne sont pas à la hauteur d’eux – mais qui a dit qu’ils recherchaient, en amour, quelqu’un qui les dépasse ? Les mains de Rhea autour de sa taille, c’est comme une évidence, rien de perturbant. C’est sans doute la seule femme à pouvoir se permettre toute sorte de vanne au sujet de leur désir l’un pour l’autre sans que ce soit déplacé ou ambigu. Recevoir sa plaisanterie au sujet de sa présence qui seule suffirait à le combler est aussi naturel que de recevoir son bonjour matinal. — T’as raison, répond-il au tac-au-tac, détendu, sans besoin de la regarder tandis qu’il entame le montage de la tente. — T’es la seule chose que j’emporterais avec moi sur une île déserte, O’Hara. Cette question qu’ils se posaient quand ils étaient gosses. « Si tu devais emporter un seul livre sur une île déserte ? » Rhea. « Si tu devais emporter une seule personne sur une île déserte ? » Rhea. « Si tu crevais la dalle sur une île déserte, tu mangerais… » Rhea. Le principe de la question n’est pas de vous faire choisir entre plusieurs existants, mais bien de ne pas vous laisser le choix : il n’en faut qu’un seul au milieu du rien le plus total. Et dans ce cas-là, c’est toujours Rhea qui prime. La lucidité au sujet de ses capacités de montage l’emportant, elle se contente de le regarder faire et il lui en est silencieusement reconnaissant. A deux sur une tente à quatre pieds, c’est le meilleur moyen de tout foirer. Là où elle a son utilité, en revanche, c’est dans la recherche des bières, que Carron serait bien capable de rater dans un sac à dos. Sa mine déconfite face à l’oubli est rapidement réconfortée par l’intervention salvatrice de Rhea. Il regarde les deux flasques de whisky – façon cow-boy, assez grandes pour contenir une dose suffisante pour la soirée – d’un air émerveillé. — Je t’adore. Un quart d’heure plus tard, Rhea ayant allumé un feu crépitant, ils sont tous deux assis autour des flammes, leurs brochettes dorant entre leurs doigts. Il a laissé à Rhea le matelas de la tente en guise de siège, lui s’est assis sur la selle du cheval. Le silence de la nature est impressionnant, de même que la noirceur de sa nuit dès lors qu’on quitte les éclairages artificiels des villes. Le froid est sec, agréable à sentir roder autour de soi sans qu’il puisse nous atteindre, grâce à la puissance du feu. — La petite bourgeoisie ne t’en voudra pas trop, pour ton absence à la réunion de demain? « La petite bourgeoisie », c’est la façon Carronesque de nommer la famille O’Hara. Il sait que demain – dimanche – Rhea sera encore avec lui tandis que se déroulera la sacro-sainte réunion des O’Hara autour d’un repas traditionnel auquel elle est d’ordinaire presque toujours présente. Plus jeune, il était détesté par les parents de Rhea, parce qu’il s’arrangeait souvent pour l’inviter le samedi soir et passer le dimanche à ses côtés, lui faisant manquer la réunion à laquelle ses parents tenaient pourtant. Ça amusait Rhea, à l’époque, ça la faisait désobéir, se démarquer, ça l’extrayait du moule dans lequel, de toute évidence, Ron avait toujours refusé de la voir stagner.

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Message(#) Sujet: Re: easy come, easy go. (rhea) Dim 26 Mar - 18:50

Une besoin irréel, voilà ce que représentait Carron. Il complétait chacun de ses mots, de ses traits, comme un miroir dressé en face d'elle, fier. Car la fierté caractérisait au mieux ces deux-là, en plus de cette désillusion constante qui semblait les habiter. Après son départ, le néant avait tapissé les entrailles de Rhea, caressant avec conviction l'état second dans laquelle il l'avait laissé. Une partie d'elle s'était éloignée en même temps que lui, tandis que l'autre s'était contenté de tourner en rond, sur place. La brune n'en avait jamais voulu à son ami, bien au contraire, c'était toujours ce sentiment de fierté qui prônait : Carron était parti, Carron avait réussi - là où elle échouait sans cesse, Carron avait fait le meilleur choix possible. A tel point qu'un instant plus tard, la fierté s'était transformée en jalousie déplacée, sans pour autant garder une rancune à son égard. Et pourtant, la rancune avait fini par la séduire, lorsque Ron avait fait son grand retour. Que c'était-il passé dans son esprit embrumé pour faire ce choix ? Malgré la correspondance de leur caractère, Rhea avait longuement retourné la question dans son esprit et le néant lui avait toujours répondu.. Le feu dansant avait illuminé les abysses dans lesquelles Rhea s'était enfoncée, un court instant. La brune observait la flamme s'échauder comme une effeuilleuse burlesque, alors que les flasques retrouvés par ses soins, traînaient un peu plus loin. Sa grillade était en train de fumer, un peu trop, alors qu'elle retira l'objet avec vivacité. Et le sujet retomba subitement sur le problème qui décimait peu à peu sa vie bohème. « J'en connais une qui sera ravie. » fit-elle en arquant un sourcil, alors qu'elle fit virevolter sa brochette sur elle-même, l'utilisant comme une épée en imaginant son ainée en face d'elle. Les problèmes de la famille O'Hara n'échappait pas à Carron, et l'aversion de la cadette pour la chose infâme qui lui servait de soeur n'en était que plus évidente. Carron le savait, Carron savait tout : Rhea, Gaia, Viggo. « Je devrai t'y embarquer, un de ces jours, pour que tu vois le cirque dans lequel je réussie à m'embarquer quand tu n'es pas là.. » annonça-t-elle dans un sourire presque ténébreux, alors qu'elle avait déjà planté ses crocs dans sa brochette. Autant qu'elle, Carron n'avait pas sa place dans ce tableau de famille, il jurait comme le disait si bien sa mère qui n'avait jamais apprécié plus que de raison le brun. Et Rhea s'était entêté à voir en lui sa copie parfaite, celle avec laquelle alla aimait passer du temps - trop de temps - surtout quand il ne fallait pas. Un désir salvateur qu'elle assumait au près de ses géniteurs, qui avaient presque criés victoire lorsque Carron s'en était allé vers d'autres contrées lointaines. « Tu ne regrettes pas, .. » commença-t-elle, « d'être revenu ici. » La question était posée, mais était-ce vraiment une question ou bien plus une affirmation qui résonnait au creux de ce paysage endormi. Il comprendrai - il le faisait toujours - car il n'avait qu'à observer Rhea pour connaître le fond de sa pensée. Elle avait pourtant essayée, de répondre à cette question par elle-même mais la réponse lui faisait défaut. Ou préférait-elle l'entendre de sa bouche à lui ? Un brin dissipée, la brune se pencha pour saisir une flasque de whisky, dont elle but une gorgée avant de tendre l'objet à son interlocuteur. Il en avait plus besoin qu'elle, à cet instant, et ça, elle en était convaincue.

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Message(#) Sujet: Re: easy come, easy go. (rhea) Jeu 6 Avr - 18:10

Dans tous les cas de figure possible, elle aurait été mal placée pour lui faire la leçon. Elle était pareille, elle ne valait pas mieux que lui, question moralité. Les gens avaient su pour lui et Blair, la vérité ayant levé le voile de leur intimité, et tout le monde avait pu s’adonner joyeusement à l’activité numéro un du coin : conspuer son voisin. Lister les péchés des autres et les livrer au bûcher des vanités. En vérité, ils brûlaient leurs propres doigts, et ça les excitait. Les fautes des autres et leur condamnation sévère leur donnait l’impression d’être absous des leurs. Les regards haineux, à son retour à Inverness, de toutes ces petites nanas aux trois gosses, chacun de pères différents, toutes laissées pour compte par des marins, des loups solitaires, lui avaient été adressés pour lui faire payer leur amertume, leur propre abandon. Rhea O’Hara ne lui avait jamais jeté ce regard. Qu’aurait-il pu signifier, ce regard, de la part de celle qui vivait son amour coincé dans un threesome non demandé ? La remarque acerbe de Rhea à l’idée d’être embarquée par lui sur une île déserte lui arrache un sourire. Il sait qu’elle fait allusion à sa sœur, qui lui ressemble autant que James ressemble à Ron. — Pourquoi est-ce qu’on ne lui a jamais rendu ce service ?... Il dit ça sur un ton d’ingénu, l’air d’avoir enfin trouvé la réponse à tous leurs maux, mais c’est une question rhétorique. Pour quoi, ou plutôt pour qui, il le sait tout comme le prénom de Blair s’impose sans se dire sur la bouche de Rhea quand il est question de Carron. Devant elle et par fierté, il est toujours tenté de lui faire croire qu’il surpasse sans mal cette rupture, que Blair ne représente pour lui qu’un souvenir de jeunesse – mais il sait qu’elle ne le croirait pas. C’était étonnant, d’ailleurs, que personne à Inverness n’ait jamais associé les vices de Rhea à ceux de Ron. Toujours considéré, du temps de l’enfance, comme sa « mauvaise fréquentation », au désespoir des parents Ballantyne, il aurait été plus que logique qu’à présent, on impute à Carron Ballantyne les égarements sentimentaux de Rhea O’Hara. Mais il fallait dire que Carron avait tellement fait fort, avec Blair, qu’il était difficilement égalable en matière de vice, trahison et débauche. Il a un rire de gamin quand elle énonce qu’elle devrait l’embarquer avec elle aux réunions de famille, rire qui finit par s’évader dans la nuit et son silence circonspect tandis qu’il se penche pour attraper un morceau de viande et le déchiqueter à coups de dents. Avec Rhea et cette promenade de santé, il retrouve un appétit de conquérant. — Notre enfance n’a été qu’une grande comédie. Les gens d’ici adorent les semblants, ils passent leur vie à jouer des rôles… Et on se demande encore pourquoi j’ai fait du théâtre… Il n’y a pas d’amertume dans ses paroles : le théâtre et lui, c’est une histoire d’amour qu’il ne renierait pas même en songe. Mais il a raison pourtant : ils ont été bercés par ça, les mensonges, les ragots, les masques une fois les adultes sortis de la maison. A Inverness, d’apparence, tout le monde s’apprécie, tout le monde s’estime. Ben voyons. La famille O’Hara n’était pas plus ridicule que les Ballantyne en la matière. Il lui jette un coup d’œil pour confirmer l’impression qu’elle l’observe. Il devine, rien qu’en la regardant, qu’il lui a ouvert une porte qu’elle n’osait pas enfoncer : celle de son départ. Ils n’en ont jamais vraiment parlé – sans doute parce qu’elle avait toujours senti que ce ne serait pas le bon moment. Il tend l’oreille, à la fois curieux de connaître son interrogation – la connaissant, elle ne peut qu’être intéressante – et aussi légèrement impatient. « Tu ne regrettes pas… » Et déjà, dans la bouche de Rhea, ça n’est plus une question. Elle n’a pas de question à lui poser. Elle le sait, elle le devine à tâtons dans le noir complet, elle saurait le trouver dans une forêt dense par une nuit sans lune. D’être parti ? C’est la question qu’on lui pose sans arrêt – lorsqu’on ose aborder le sujet avec lui. Est-ce qu’il regrettait d’être parti. S’il avait des remords. S’il s’en voulait et comment se portait sa conscience. Mais Rhea ne serait pas Rhea si elle avait terminé sa phrase comme ça. Rhea est Rhea parce qu’elle est la seule, l’unique, la première à lui poser la question… dans l’autre sens. Un sens qui lui va mieux, un sens qui lui ressemble à elle. Pourquoi ça le surprend encore ? Il cille en la regardant, à nouveau conquis par cette amie qui le connaît par cœur sans même le contrôler, sans même essayer. Le silence qui ronronne entre eux n’a rien de gênant, rien d’un vide. Au contraire, ça les remplit toujours plus à mesure que Rhea vide la flasque d’alcool qu’elle lui tend, et qu’il attrape pour en avaler à son tour une longue gorgée. Il l’a encore entre les doigts quand il repose son regard sur elle et son visage poupon doré par les flammes du feu de camp. — J’ai la mort d’être revenu, avoue-t-il de sa voix sonore, quelque peu éraillée par l’alcool qu’il vient de s’enfiler. — Je voudrais tout crâmer, le ranch, les souvenirs, chaque indice qui laisse deviner que j’ai vécu ici une seule seconde de ma vie. Je voudrais effacer chaque putain de pas que j’ai posé sur le sol de cette ville, depuis l’enfance jusqu’à maintenant. Ensuite seulement, je pourrais repartir sans me retourner. Il n’a jamais dit ça à personne. Ça boue au fond de lui comme un océan déchainé, ça le brûle à lui en donner la nausée. Sauf qu’il pourrait pas tout brûler, parce qu’on ne brûle pas un passé, on ne brûle pas une histoire. Et même : ça ferait de la cendre, et la cendre se laisserait prendre par le vent des Highlands et emporterait l’oubli un peu plus loin sans le faire disparaître. — Tu viendrais, cette fois ? Il demande en lui adressant un sourire moitié triste, moitié railleur ; triste parce qu’il sait bien qu’elle ne viendrait pas, aussi sûr qu’il ne partira pas, railleur parce que Viggo est toujours là, toujours à moitié open pour elle, et que ça entretient la flamme qui la dévore autant que Blair et ses yeux sombres calcinent le cœur de Carron.

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Message(#) Sujet: Re: easy come, easy go. (rhea) Dim 2 Juil - 15:25

Carron et Rhea étaient nés au mauvais endroit, pas franchement au mauvais moment, mais à une époque où le paraître avait une ampleur rocambolesque. Et dès l'enfance, elle avait compris que quelque chose clochait, que sa place n'était pas vraiment ici, pas vraiment dans cette famille, pas vraiment dans ces conditions. Mais où ? Eh bien, elle n'en savait rien. Elle savait simplement que Carron était le seul détail qui avait toujours collé à sa vie, que lui, sa place, était bien là, à ses cotés. Il était l'élément rassurant d'une existence incongrue dont elle ne savait trop quoi faire. Tantôt abstraite, tantôt trop présente. Rhea O'Hara était une erreur de la nature qui errait sur terre alors qu'elle n'avait pas choisi d'être là, pas dans ces conditions. Elle soupçonnait ses proches d'estimer la même chose qu'elle. Quelque part, une brèche s'était ouverte et l'univers avait salement merdé. C'était plus fort qu'elle, elle le sentait au creux de ses entrailles. Alors, dès que la possibilité lui avait été donné - enfin, elle l'avait prise sans même considérer l'avis de ses parents - elle avait saisi la main de Carron pour ne plus jamais la quitter. Comme si ce lien lui permettait de rester sur terre, de ne pas s'envoler ailleurs, vers une contrée lointaine. Et elle savait qu'il en avait fait de même, du moins jusqu'à ce jour. Ce jour là, précis, où elle avait dû lâcher sa main, où Carron s'en était allé vers l'au-delà. Etrangement, elle n'avait pas ressenti ça comme une mauvaise chose, bien au contraire. Il était la pleine réussite de leur pseudo couple. Il était ce qu'elle rêvait d'être, et mieux encore. Mais elle était restée là, plantée, encrée dans une terre qu'elle ne pensait pas sienne, au près de gens qu'elle ne pensait pas important. Elle l'avait envié. Si fort, qu'elle s'était elle-même perdue dans ses propres tourments, se demandant qu'elle était la clé d'une telle réussite. Mais peut-être n'était-elle pas faite pour cette voie, pour être Carron était-il le Ying et elle le Yang, mais les peut-être n’effleuraient pas souvent Rhea. « J'ai la mort que tu sois revenu. » qu'elle avoue, à son tour, dans la foulée, comme un reproche. Elle avait raison, il n'avait plus vraiment sa place ici, mais il ne l'avait jamais eu non plus. Mais il y avait Blair, c'était bien ça ? Cette jolie Blair. Une histoire plus dramatique que la sienne, que la brune avait suivi telle une spectatrice involontaire. Elle se souvenait très bien, qu'à cette époque, au moment où Carron était parti, ses pensées s'étaient tournées vers Blair. Pas par compassion, car elle n'en avait pas eu pour elle. Carron avait réussi, il n'y avait pas à en avoir. Mais par curiosité, celle-là même qui avait observé cette moitié délaissée sur le rivage. Une honte, que tout le monde avait dit, un homme sur qui on ne pouvait pas compter, avait balbutié certain. Mais pas Rhea, qui exultait entre fierté et jalousie. Elle voit parfaitement que Carron se consume intérieurement, alors la brune s'était redressé ert installé sur ses genoux, bien en face de lui, avant de prendre ses mains, parce qu'ils devaient être liés pour mieux partager. « Alors crâme tout. » commença-t-elle avec ce froncement de sourcils qui lui était si particulier, celui-là même qui annonçait une folie à venir. « On s'en va, toi et moi, j'resterai pas là cette fois-ci, c'est terrible de rester ici.. » C'est terrible, surtout sans lui, c'était aussi terrible d'être en proie à un sentiment de confinement, de désintérêt. Avec les années, Rhea avait appris à ne plus apprécier cette ville, à s'y sentir coincé comme une lionne dans sa cage et rien de bon n'en émanait. Puis, dans son engouement passager, Rhea s'était relevé, exécutant une danse faite de mouvement amplifié qui était projeté au loin, vers une avenir qu'elle croyait différent. Mais au bout de quelque seconde, la jeune femme dû se stopper. « Mais t'as Blair, puis y'a Viggo. » Et si les rôles avaient été échangés ? Si Rhea était un jour parti, puis revenu pour Viggo, en serait-il de même ? « A quel moment on a merdé, Car' ? Et à quel moment on va s'en sortir ? Tu crois qu'on va s'en sortir ? ... On a l'air foutu. »

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