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 the world below the brine.

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Rowel Cassidy
but until then drums get killed.
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name : oaristys.
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Message(#) Sujet: the world below the brine. Lun 26 Juin - 12:11

the change thence to the sight here, and to the subtle air breathed by beings like us who walk this sphere, the change onward from ours to that of beings who walk other spheres.

Passer du temps en tête à tête avec Alice Gatling se révèle étonnamment comme l’une des meilleures activités rencontrées dans cette ville. On ne peut pas dire qu’il soit dans ses habitudes de copiner avec la famille de ses patients – c’est peu professionnel, ça engage sur un chemin trompeur. Peut-être parce que tous les membres de la famille des inadaptés dont il s’occupe n’ont de cesse de lui parler d’eux. Alice est autrement. Son amour pour sa cousine vit en elle et ne faiblit jamais, mais quand elle pose sur lui ses yeux translucides, elle arrive à le voir lui sans distinguer dans ses pupilles le visage de Lizzie. Au fait, Lizzie ne va pas « mieux ». Elle évolue, à sa façon, se familiarise toujours un peu plus avec ses propres démons, les visages effrayants que le monde lui renvoie, qu’elle doit apprivoiser si elle veut vivre. Ensemble, ils avancent pas à pas, à rythme lent, celui de l’esprit et du corps redécouverts. Il essaie de l’amener à contourner les monstres qui la hantent, notamment en introduisant lentement la musique dans leurs échanges. Les moments de perdition de Lizzy sont comme une chanson qui, à un certain couplet, deviendrait désagréable. Que faire lorsqu’on est obligé d’écouter la chanson en entier, et que survient un passage qui nous est insupportable ? Impossible d’éteindre la radio, impossible de quitter la pièce. Alors ? La chanson se poursuivra dans tous les cas, et il va falloir faire avec. Il s’agit donc d’arriver à mettre en sourdine le passage qui nous déplait. A en faire un son de fond, et non une tonalité dominante.

Le regard d’Elizabeth Gatling est perçant et intelligent. Elle sent toute la portée foireuse de cette nouvelle solution au problème, et pourtant, elle a envie d’y croire. Elle a envie de croire en lui, qui croit en elle, ou comme elle le dit dans un rictus amusé, l'envie d'y croire croît en elle. Le dos du docteur Cassidy fait craquer le dossier de la chaise lorsqu’il s’y appuie, et une de ses jambes vient se déposer en équilibre par-dessus l’autre. — C’est comme lorsque je t’écoute, Lizzie. Tu entends, derrière nous ? C’est le souffle de mon ordinateur. Il désigne du pouce, sans se retourner, le portable qui repose sur le bureau dans son dos. — C’est un souffle permanent qui ne nous a pas quittés depuis que je suis entré. Je pourrais l’écouter, et te laisser parler toute seule, parce que, franchement, ce bruit est inquiétant, non ? Mon ordinateur est peut-être en train de surchauffer. Il souffle tellement que je me demande si le disque dur n’a pas déjà cramé… Le regard de Lizzie se fait inquiet. Elle ne veut pas imaginer qu’elle aie pu parler seule pendant une minute. Pas avec lui. Mais l’idée que son ordinateur soit en train de brûler à cause d’elle… Le docteur esquisse un sourire. — Lizzie, je m’en fous, de ce bruit. C’est toi que je choisis d’écouter. Le souffle du portable, c’est un bruit de fond. Ça passe au second plan, parce que… Qu’est-ce qui est plus important, à cet instant ? Toi, que j’ai envie d’écouter et envie de comprendre, ou l’ordinateur qui pourrait être en surchauffe ?... Son sourire s’élargit face à l’expression hésitante de la jeune femme. — Je prêterais éventuellement attention à ce bruit si des flammes surgissent dans mon dos. Pour l’instant, je m’en contrefous. Les séances suivantes, il avaient introduit des sons variés en bruits de fond pendant qu’il s’entretenait avec elle. Il avait fait des expériences : lui demander ce que le bruit de fond venait d’émettre comme son précis. Souvent, elle ne savait pas répondre, parce qu’elle avait préféré projeter son attention, tous ses sens sur lui, leur discussion, plutôt que sur le bruit en fond. Il voulait l’amener à prendre le mouvement, l’habitude de prêter attention à une sonorité et pas une autre, jusqu’à ce qu’elle déplace l’exercice sur sa propre psychose et les moments où elle perdait le contrôle. Choisir d’écouter un son plutôt qu’un autre, pourtant tout autant suggéré par notre environnement. Elle se surprenait parfois à y arriver, mais elle était encore grandement dépendante de lui et de sa présence. C’était déjà ça, cependant. James Andson lui avait jeté un regard trouble, dans la salle commune des médecins de l’hôpital. « T’es sur de savoir ce que tu fais ? » Cass avait haussé un sourcil. — Non. Pourquoi, toi oui ?

Il se redresse, préalablement penché contre le sol, la main posée à plat sur la terre. Le temps est gris et menaçant et rien ne saurait être plus parfait pour mettre en valeur le paysage ahurissant de Quiraing. Ils ont marché ensemble le long des chemins minuscules bordant ces falaises taillées à la dent de géant, entrevoyant les petits lacs comme de grosses flaques lovées dans le creux des montagnes. L’herbe ressemble à de la mousse. Les lignes tortueuses appelées « routes » sont les dos râpeux de serpents figés dans le temps. Il suffit à Alice d’observer le visage de Rowel pour comprendre qu’il est impressionné et ravi. Il se redresse dans un sourire et croise le regard d’un arbre aux branches mortes, dressées vers le ciel gris comme des mains décharnées suppliantes. — Quels êtres mythologiques vivent ici, Miss Gatling ? Il demande dans son sourire, ses yeux brillants se tournant vers la jeune femme, à la recherche d’indices sur le folklore des lieux, mais aussi sur tout ce qui peut nourrir dans ce décor l’inspiration de la dessinatrice.

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Alice Gatling

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Message(#) Sujet: Re: the world below the brine. Lun 26 Juin - 17:15

C’est Alice qui l’a appelé, quelques jours plus tôt, pour lui faire part de son idée d’aller au Quiraing. Rowel a accepté, laissant l’illustratrice le guider comme ils en avaient convenu lors de leur précédent échange. Gatling était contente. Elle l’est toujours lorsqu’ils se retrouvent et se lancent dans leur exploration. Le Quiraing n’est jamais le même, y compris si l’on marche sur ses propres traces. L’immensité et les mystères qu’il livre lui donnent le sentiment d’être partout et nulle part, et que le temps n’a pas la moindre importance. La marche est agréable, les paysages et la compagnie de Rowel le sont tout autant, sans surprise. Alice se déplace avec aisance sur les chemins étroits, grimpe avec légèreté et franchit les obstacles comme si elle l’avait fait toute sa vie. A dire vrai, la plupart de son temps se déroule ainsi, au milieu de vastes étendues, à grimper et descendre pour trouver, chaque fois, un nouveau point de vue. A la différence près qu’elle n’est pas seule. Les falaises offrent une vue absolument splendide lorsqu’une brume mystérieuse ne vient pas adoucir leurs contours et tromper les ignorants. Au-dessus de l’immensité, le vent souffle presque follement et semble ne pas savoir à quel saint se vouer : il va vers la droite, puis revient sur la gauche avant de tenter de les emporter plus en avant. Elle observe non sans plaisir le ravissement de Rowel. Et alors que ce dernier lui demande quels êtres mythologiques vivent là où ils se trouvent, Alice décide de prendre place au sol, jambes croisées. Le regard qu’elle lui lance est une invitation à la rejoindre. Tout est splendide, et le temps est idéal. La magie opère. La brume devant eux n’est pas encore assez épaisse et laisse entrevoir encore ce qu’il y a en contrebas. Alice sourit. Elle se souvient, enfant et adolescente, être venue ici – exactement là – et avoir observé l’horizon devant elle en quête d’une forme, n’importe laquelle, dessinée dans cette brume. D’aucun pourrait la trouver inquiétante ; pas elle. C’est l’opportunité de mélanger, de chercher l’introuvable, de deviner l’insaisissable. Une fois Rowel installé à ses côtés, elle observe droit devant elle. Ses yeux se plongent dans la brume fine et dansante : elle y perçoit l’invitation d’un ailleurs. Ressent-il la même chose qu’elle ici ? Tout peut exister. La raison n’a pas sa place face à un spectacle aussi grandiose. Elle répond donc à sa question par une autre : « Vous ne voyez pas ? » Alice ne se dépare pas de sa malice, bien que sa question demeure à moitié sérieuse. Des décennies, des siècles ou des millénaires plus tôt, d’autres personnes sont venues fouler la terre de leurs pieds pour une infinité de raison. Tout comme pour ce qu’ils peuvent observer en contrebas. Ils se sont rencontrés, se sont aimés ou haïs, ont contracté des alliances ou mené des guerres. Ils ont inventé des légendes que le paysage leur soufflait, cru voir certaines choses, vu d’autres. Aujourd’hui, ils cherchent. « Il pourrait y avoir tout et n’importe quoi. Vous imaginez les événements – ou les non-événements – qui ont pu se produire là où nous nous trouvons, ou là-bas ? » Son regard, toujours, observe l’horizon avec une admiration absolue. Elle se sent petite dans un vaste monde. Comme Rowel a déjà pu le constater, l’immensité est loin de l’effrayer. Finalement, ses yeux glissent vers lui en même temps qu’un sourire léger s’étire. Elle voudrait voir ce qu’il voit. Peut-être rien, peut-être beaucoup. Il est important que Rowel ait sa propre perception : la sienne ne doit pas venir l’orienter. Ils sont différents. Leurs précédents échanges l’ont bien démontré et pour autant, ils s’acceptent tels qu’ils sont sans difficulté. Sans quoi, elle ne se serait pas proposée en tant que guide. Sans quoi, elle ne l’aurait pas emmené jusqu’ici – une marche qui peut être longue et éreintante, et un spectacle qui aurait pu décevoir. Elle ne s’en inquiète pas. Alice partage avec Rowel. Sans qu’il ne le sache, elle apprécie le fait de l’avoir amené là où, des centaines de fois, elle est venue contempler le spectacle différent donné par le Quiraing. Elle le lui confiera peut-être, ou peut-être pas. L’Irlandais et l’Anglaise se sont laissés la liberté de pouvoir dire et faire ce qu’ils désirent. Ses mains se posent doucement sur le sol et elle demande, enfin : « Êtes-vous ravi ? » La référence à leur précédent échange n’est même pas voilée. Alice fait preuve d’une franchise qui lui est propre. Elle doute que cela lui suffise – ou peut-être que si, finalement. Dans le fond, elle souhaite savoir ce qu’il pense, ce qu’il voit, ce qu’il sent et ressent. Son sourire ne décroche pas. Le vent, face à eux, continue de faire danser la brume. Ils sont dans un ailleurs, en-dehors du temps. Loin de la ville, loin de l’Homme, qui n’a pas laissé de trace – ou très peu – en ces lieux. Alice est dans son élément. Et c’est un véritable cadeau qu’elle offre à Rowel Cassidy.
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Rowel Cassidy
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Message(#) Sujet: Re: the world below the brine. Mar 18 Juil - 13:47

S’ils étaient venus seuls, chacun de son côté, alors ces lieux n’auraient jamais eu ces teintes, ni ces odeurs, ni ces impressions. Leurs yeux ne se seraient pas posés sur les mêmes détails du paysage, et leurs pensées n’auraient pas filé la même soie. Pour Rowel, Alice donne au Quiraing cette couleur si spéciale. Non pas qu’il aurait été moins beau sans elle, mais différent sans le moindre doute. Toujours sur le sol, il observe la jeune femme l’y rejoindre soudain, s’accroupissant pour finalement s’asseoir face à lui, jambes croisées, à même la terre. Alice sourit, signe qu’elle l’invite à se joindre à elle, remarque-t-il en l’imitant. Avec les heures passées à ses côtés, il commence à comprendre certaines de ses mimiques, de ses invitations muettes à se livrer, à la suivre, à se taire, à écouter. Elle a ce don de savoir inviter, c’est-à-dire inciter et jamais forcer, jamais demander. Elle aurait fait – elle fera peut-être – une excellente mère, ne peut-il s’empêcher de songer. Du temps où il était adolescent, tête brûlée et incapable d’écouter autre chose que l’inverse de tout ce qu’on lui ordonnait, peut-être Alice Gatling aurait-elle été la seule qu’il puisse entendre. Même lorsqu’elle lui apprenait des éléments qu’il ignorait, elle ne le faisait pas se sentir ignorant. Jamais. Alice Gatling vous faisait croire sans mensonge que tout ce qu’elle vous apprenait, vous le saviez déjà, seulement, écoutez cette autre version, légèrement différente de la votre, possiblement intriguante et enrichissante. Un peu comme quelqu’un vous ferait, non pas découvrir une chanson, mais écouter une reprise dont vous comprendriez seul qu’elle est plus belle que l’originale. Rowel réalise seulement maintenant, en observant Alice, à quel point cet endroit paraît lui être familier. Est-elle souvent venue ici ? Seule ? Accompagnée ? Quels souvenirs de la vie d’Alice le Quiraing porte-t-il en lui, comme des peintures le long des murs d’une caverne ? Les iris d’Alice, si clairs, si translucides, se portent sur l’horizon et se mêlent à la brume vaporeuse qui baigne dans l’atmosphère. Incapable de suivre son regard, Rowel reste à la contempler tandis qu’elle contemple. « Quand le sage montre la lune », dit le proverbe, « l’idiot regarde le doigt ». C’est exactement ça. Il n’est pas tant intéressé par les formes qu’Alice veut voir naitre dans les nuages que par la palette d’émotions qui se meut sur ses traits. La lune, immuable, éternelle, immobile, n’intéresse pas l’idiot. Mais le doigt, le sage en train de montrer, de désigner une chose aussi stupide et peu intéressante que la lune, là est l’intérêt. Là est la fascination, là est la peinture. Dans le fait inexplicable et fascinant d’observer l’homme observer le monde qui l’entoure. Mais Alice finira bien par sentir le regard de Rowel posé sur elle, plus passionné par elle que par l’un des plus beaux sites de la terre, et pour s’éviter des déductions erronées, il décide de détacher les yeux d’elle et de la suivre dans la brume. La question d’Alice l’incite à la réflexion. Dans cette brume, dans cet air délicat, il pourrait voir. S’il le décidait, s’il forçait un peu son imagination… oui, il le pourrait sans doute. Mais les êtres mythologiques qui sortiraient des nuages, les têtes qui se dessineraient dans la brume, ressembleraient à ses propres rêves. Ceux qui sortent de l’esprit et des yeux d’Alice, en revanche… eux lui sont encore inconnus. Mais Alice n’a aucune intention de l’aider, pour le moment. Ses questions poussent Rowel à imaginer lui-même. Docile, il obéit, dessinant virtuellement dans le paysage vert et rocheux des géants immenses traversant les plaines, enjambant les petits lacs de leurs jambes épaisses, il imagine les arbres se pencher sous le vent pour se murmurer entre eux les histoires des races, il imagine des processions encapuchonnées sinuant le long des collines, il entend le martèlement de milliers de sabots de chevaux invisibles faisant trembler la terre. Il pensait retrouver là des images familières, mais contre toute attente, les scènes qui s'animent sous ses yeux ne lui ressemblent pas. Comme si son esprit dessinait des nouveautés ; celles qu'il imagine vivre à l'intérieur d'Alice, celles qui pourraient lui correspondre et être siennes. Il voit du coin de l’œil le visage blond se tourner vers lui pour l’observer. Elle voudrait voir ce qu’il voit, peut-être autant que la réciproque. Il a un sourire discret, ses yeux gris toujours rivés sur l’horizon. — Alors c’est ça, Miss Gatling ? Vous me laissez imaginer l’Histoire ? Alice a l’air de se contre-foutre de lui apprendre l’histoire du Quiraing qu’on retrouve dans les documentaires touristiques. Il retrouve ce qu’elle lui expliquait au café : le mythe réside dans sa propre re-création. De façon incroyablement fine, elle l’invite à prendre part, à son tour, à la mythologie. A devenir un personnage, un héros du Quiraing. A sa manière, Alice a plongé dans le Quiraing et ses mythes un être qui s’en sentait absolument étranger, profondément éloigné. Impressionné, il croise son regard lorsqu’elle dépose ses mains contre le sol et s’avance légèrement pour lui poser cette question, dans un sourire mutin qui n’est pas sans amuser Rowel, parce qu’il l’a rarement vu sur le visage d’Alice Gatling – du peu qu’il a pu voir. Il s’agit d’une allusion à leur précédente discussion, lors de laquelle Rowel se disait content d’être en Écosse, mais pas encore en véritable voyage. A cet instant, il se sentait encore trop lui-même, en terrain connu. Mais à présent… — Il y a dans le ravissement une indéniable notion de vol, dit-il tout en sachant qu’elle le sait déjà, ses yeux brillants posés sur elle avec sympathie. Après un bref silence, il est forcé d’admettre les faits. — Oui, miss Gatling, je me sens ravi à moi-même. Mes pensées ne m’appartiennent plus vraiment. C’est Alice qui les a incitées à sortir de leur caverne, où elles boudaient dans les ténèbres, et c’est encore Alice qui les a jetées dans le Quiraing. — Quel guide fantastique vous faites, signale-t-il dans un sourire honnête, non sans avoir au préalable choisi précisément son adjectif.

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Message(#) Sujet: Re: the world below the brine. Mer 19 Juil - 12:33

Elle a été le témoin de batailles dont personne n’a jamais entendu parler, de rencontres légendaires et d’épopées grandioses. Elle a entendu les murmures de forces insoupçonnées. Chaque fois qu’Alice Gatling s’est assise ici-même, elle a découvert et redécouvert, dans les mouvements dansants et changeants d’une brume aux mystères infinis. Elle s’est dressée sur les bords des falaises à la rencontre du monde pour contempler ce qu’il peut offrir. Le Quiraing offre un voyage qui n’est jamais le même ; c’est son cadeau à Rowel. La perspective du renouveau, la conscience de l’éphémère, la contemplation de ce que l’on perçoit ou imagine, et non plus uniquement de ce que l’on voit. Il le connait peut-être déjà, mais elle a le sentiment qu’il découvre ; elle en est heureuse. Elle l’a observé avec curiosité. Que pourrait-il bien voir ? Que pourrait-il sentir ? Il lui est réellement étrange de partager cet endroit avec une autre âme. Pour autant, elle n’irait jamais jusqu’à considérer qu’il est son endroit. Comment pourrait-il l’être, quand lui a existé bien avant sa propre existence et demeurera bien après qu’elle ne fasse plus partie de ce monde ? Le Quiraing n’est pas seulement d’une beauté époustouflante. Il est habité. Il peut être inquiétant, ravissant, les deux et bien d’autres choses encore. Alice et Rowel n’ont pas la moindre importance et n’auront pas la moindre incidence sur l’existence de ce lieu. Mais le Quiraing en a une sur la sienne. Ses mains, à plat sur le sol, s’imprègnent de la terre. Elle prend plaisir à observer l’homme à ses côtés. Elle ne détournera les yeux que pour percer les mystères de la brume et des murmures du vent. L’Irlandais lui offre une belle réponse. Son regard retrouve l’horizon ; la brume se mêle au bord du précipice, si bien qu’on ne sait plus bien où se trouve la limite entre le réel et l’Histoire imaginée. Ils ne bougeront pas : c’est précisément pour cela qu’ils sont ici. Parce qu’Alice a toujours aimé cette frontière floue que le Monde tend, ici, à faire disparaitre. C’est pour cela que le Quiraing est exceptionnel. Quant à la question de Rowel, elle ne sonne pas comme telle à ses oreilles. « C’est votre réponse. » Et elle lui plait. Ses yeux fixent toujours l’horizon. Bientôt, ils seront à leur tour enveloppés dans la brume. Mais pour le moment, ils peuvent se voir sans peine. Alice tient à en profiter : son regard retrouve celui de Rowel. Elle y voit son ravissement, sa découverte ; elle en est émue. Elle a donc posé la question – êtes-vous ravi ? – et la réponse qu’elle entend la ravit à son tour. Gatling la trouve belle ; elle y retrouve aussi bien l’Irlandais et son esprit, le sens profond qu’il donne à chacun de ses mots, qui ne sont jamais choisis au hasard. C’est un sourire qu’elle lui adresse en retour – un sourire clair et franc, parfaitement sincère. Elle est surprise aussi. Si ses pensées ne lui appartiennent plus, alors à qui ? A quoi ? Elle ne comprend pas tout ce qu’il dit ; ils sont différents, quoi de plus normal ? Ses yeux vont dans les siens sans s’inquiéter d’être trop invasifs : Alice ne cherche pas à démasquer, mais à connaitre. « Alors à quoi… ou à qui appartiennent-elles ? » Pour tout dire, elle trouve cela étrange et ne s’en cache pas, une fois encore. Et elle rit, finalement, lorsqu’il la qualifie de guide fantastique, comprenant parfaitement le sens des mots de Rowel. « Je n’ai pas eu à faire grand-chose, » répond-elle simplement. Et c’est vrai. Elle n’a pas choisi de l’emmener lui, ici, par hasard. Elle se sent étonnamment proche de lui, bien qu’il demeure encore en grande partie inconnu. Et peu importe, finalement. Ses mains quittent le sol ; leur dos vient se poser sur ses genoux et Alice fixe ses paumes. Elle les voit tâchées. Son sourire se fait plus léger. Il lui parait que ses mains seront toujours sales – d’encre, de fusain, de terre. La brume les a presque atteints : ils seront bientôt engloutis par cette dernière. Enfant, elle était effrayée par elle – ce qu’elle imaginait lui paraissait bien trop vrai et quelque part, elle avait toujours aimé se faire peur. Il y a encore quelques années, elle la craignait encore, par peur d’être confrontée au fantôme de son enfant, alors même que celui-ci la suivait toujours. Aujourd’hui, elle a l’impression d’être dans un entre-deux constamment. Elle constate que Rowel n’est pas une ancre qui la maintiendrait quelque part, et c’est tant mieux. Elle n’en a pas besoin. « Je suis tellement venue ici que je suis bien incapable de le dénombrer aujourd’hui. » Elle est certaine de ne rien confesser ici. Elle ajoute d’ailleurs : « Vous l’aviez deviné ? » Rowel est un homme perspicace, elle n’en a pas le moindre doute. Peut-être même que Lizzie lui a déjà raconté les nombreuses escapades d’Alice, parfois avec sa cousine, et souvent toute seule. Elle le regarde à nouveau non sans malice, signe qu’elle connait déjà la réponse qu’il lui apportera. Et peu importe : elle apprécie tellement ce moment qu’ils partagent qu’elle ne regrette pas de n’avoir pas pris carnet et crayon. Il y a des instants qui n’ont pas besoin d’être couchés sur le papier pour être immortalisés – à leur propre échelle. La brume chatouille enfin leurs pieds. Elle n’est pas suffisamment épaisse pour les empêcher de se voir ou de retrouver leur chemin s’ils désiraient partir – à vrai dire, Alice serait toujours capable de les ramener à bon port, que la brume soit épaisse ou non.   « Vous avez de la chance, vous serez bientôt plongé un peu plus dans l’Histoire que vous imaginiez. » Créer sa propre légende, la pénétrer, c’est bien ce qu’elle lui serre aujourd’hui. Rowel est libre. Quand bien même ses pensées ne lui appartiendraient plus vraiment, elles demeurent les siennes. Alice étant Alice, elle souhaiterait en savoir plus. Mais elle lui laisse le choix d’en parler ou non. Cette histoire, c’est la sienne.
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